Nous rêvions juste de liberté, Henri Loevenbruck
Je ne pensais pas au premier abord qu’un road movie puisse m’intéresser plus que ça. Peut-on d’ailleurs appeler un livre un road « movie » ? Un road trip alors, peut-être… Toujours est-il que je me suis laissée influencer par les critiques des internautes, et que je m’y suis mise. Plus de 400 pages de moto. Et alors ?
Alors ? « Nous rêvions juste de liberté » sera sûrement un des livres qui m’aura le plus marquée en cette fin d’année…
Hugo est un adolescent qui vit dans la petite ville de Providence, aux États-Unis. Quand je regarde sur Internet, je vois que cette ville compte près de 200 000 habitants…. « petite », ok… Par contre, la pauvreté et la précarité y sont bien plus importantes que la moyenne du pays. Et c’est en effet le point de départ.
Hugo vit dans une caravane, au fond du jardin de ses parents, faute de place. D’amour aussi… Sa petite sœur est morte, écrasée par une moto. Ses parents ne s’en sont jamais remis. Sa vie va changer lorsqu’il va rencontrer Freddie et sa bande. Des durs, des vrais, qui détonent dans le collège. Des écorchés vifs, eux aussi… Et lui, va être accepté dans cette bande. Alcool, drogue et petits délits vont commencer à être leur quotidien. Et puis, la moto va entrer dans leur vie. D’abord en secret, juste Freddie et Hugo, puis tous ensemble, avec Alex et Oscar…
Mais cette vie va prendre un tournant lorsqu’ils vont se faire arrêter, et incarcérer dans un centre pour mineurs. Ils seront alors séparés, Freddie et lui. Pas une visite de ses parents, pas de nouvelles des autres, à part Alex qui est avec lui. Ils se réfugieront dans la lecture, ayant trouvé la protection de motards…
À sa sortie, sa nouvelle famille est là, sa bande. Sa vraie famille n’est pas là, son amour est parti et ses parents ont brûlé sa caravane. Tout est dit. Alors il prend sa moto et quitte cette ville. Avec Alex, ils vont parcourir tout le pays, accompagnés ensuite par Oscar…. Freddie est resté à Providence, mais la bande va commencer à grossir. Ensemble, ils vont traverser la ville et le désert, découvrir d’autres motards, d’autres horizons, d’autres drogues.
"Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté." Voilà comment Hugo, que l’on appelle plutôt Bohem commence son livre… Car oui, il s’agit bien de son livre, de son histoire, de sa soif de liberté qui s’exprimera, au fil des pages, par cette fuite à moto. Pour fuir quoi ? Et surtout, pour trouver quoi ?
On peut être un peu dérouté au départ par le langage utilisé par l’auteur, mais il faut se dire que c’est Bohem qui raconte, et tout le livre est écrit dans ce langage très parlé qui est celui du narrateur. Lui, raconte son histoire, sa vérité, comme il l’a vécue, sans jugement. Et nous, on file aussi vite qu’à moto, de page en page, et on s’attache. On se prend à regretter certains de leurs choix, à adorer leur incroyable amitié, à être touchés par leur parcours, leurs réussites et leurs échecs…
Et puis, il ne reste que quelques pages. Et d’un coup, c’est fini. Et là, on se dit que ce n’est pas possible. Alors, on relit une fois, deux fois, trois fois la dernière page…. Et la claque est toujours là, on se la prend, et la reprend… Quelle émotion…. Quelle force !
Bravo pour ce livre qui m’a vraiment transportée, tant géographiquement, car on peut dire, qu’ils en voient du pays, qu’émotivement parlant…. "Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté." Oui, mais à quel prix ???
Bonne lecture!
Vio

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